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Baïfall Dream au salon Who's next
Édition du 22-05-2011
 
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14 février 2008

Marquages au sol #01

Cette exposition est la proposition d’une vision, cette vision est que la rue est un espace générateur d’art. Les traces successives laissées au hasard par les ouvriers du bâtiment, tagueur, câble opérateur, mâcheur de chewing-gum, fumeur, pollueur sont autant d’œuvres insolites si l’on daigne leur donner un regard neuf, un regard forcément vers le bas.



Mon travail n’est pas nécessairement photographique, j’utilise l’appareil à la manière d’un bloc note, pas de flou artistique, pas de profondeur ni de perspective, je l’emploie de façon mécanique, à une distance du sol toujours équivalente seul mon cadrage relève de la photographie.

Mes photographies sont un questionnement de l’histoire de l’art contemporaine et en particulier de la peinture. Comment ne pas trouver de point d’achoppement entre un dripping de Pollock et la peinture vidée par un peintre en bâtiment lorsqu’il nettoie son pinceau ? C’est cette beauté qui nous est donné à tous quotidiennement que je tente d’encadrer. Je pose aussi la question de la place de la photographie dans l’art contemporain, en effet le numérique est omniprésent, exit les secrets de la boite noire et de la chimie du développement, la photographie se démocratise, comment alors donner à cette photographie une particularité, une essence artistique sans tomber dans le débat de technicien.

J’utilise un appareil bas de gamme, celui de monsieur tout le monde, seul le cadre importe, je réalise mes photos de façon mécanique, jusqu’à deux cent par jour sans me soucier de la lumière, de la netteté, c’est chez moi face à mon ordinateur que je choisi les photos les plus représentatives de ma vision de la rue. Ces marques sont pour moi la base de mon langage plastique, ce matériau je le triture, le découpe avec l’aide de l’outil informatique pour lui donner une nouvelle vie, un nouveau sens. L’usage de la photographie est avant tout un prétexte à l’art, je ne rentre pas dans le débat des modernes et des anciens (numérique ou argentique), j’estime d’ailleurs mon travail plus proche de la peinture, une peinture moderne avec de nouveaux outils, de la couleur sur une surface plane, je fabrique avant tout une image et je la donne à voir.

Loin d’être un pied de nez à la peinture contemporaine, mon travail est une dédicace (certains diraient « une mise en abime ») à un art "hors-les-normes", je fuis l’esthétique de la photographie sirupeuse, je fuis le porno chic héritier à mes yeux de l’académisme et de la recherche du beau, mes questionnements relèvent de l’art contemporain, c’est-à-dire la sémiotique, le langage que l’on peut trouver dans l’activité humaine avec comme base le geste, la marque. Cette accumulation de béton, cet asphalte toujours redécoupé comme preuve de notre évolution, comme une histoire parallèle, il est d’ailleurs à chaque découpe daté.

C’est un art de rien, une vision que l’on partage tous que je désire mettre en avant comme un rappel à ce qui fait pour moi l’origine de l’art contemporain le véritable pied de nez étant plus pour moi le fait que la peinture du siècle dernier s’est positionné vis-à-vis de la photographie en fuyant le sujet et la perfection de la représentation pour une nouvelle représentation, c’est cette nouvelle représentation que j’essaye de mettre en avant en utilisant justement l’outil photographique.

Benjamin BUJ

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funkypol46@hotmail.com

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