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Gens & Sociétés

6 décembre 2006

Un nouveau site consacré aux mineurs étrangers isolés en France

Le premier portail d’informations dédié à la prise en charge des mineurs isolés étrangers (MIE) en France a été lancé mercredi sur internet afin d’améliorer l’accompagnement de ces jeunes que l’absence de législation adaptée laisse souvent au bord du chemin.



"infoMIE.net" veut "lutter contre les préjugés", explique Roland Biache, président du comité PECO (pays d’Europe centrale et orientale), regroupant une trentaine d’associations dont Auteuil International, Handicap International, ou le Secours catholique. "Les MIE doivent avant tout être considérés comme des victimes nécessitant une protection".

Le site, soutenu par la Direction de la Population et des Migrations du ministère de l’Emploi et par le ministère des Affaires étrangères, doit devenir à terme un centre de ressources en ligne permettant de mettre en réseau les acteurs institutionnels et associations concernés en France et sur le plan européen et de mieux cerner le profil de ces jeunes, particulièrement nombreux en Ile-de-France. Malgré quelques études sur le sujet, "les questions demeurent : qui sont-ils, d’où viennent-ils, combien sont-ils ?", souligne Laurence Bassano de la DPM.

"Leurs parcours de vie sont très divers", explique Benoît Auzou, directeur de l’association Hors la Rue. "Certains viennent volontairement, d’autres sont victimes de réseaux mafieux, d’où la nécessité d’une prise en charge personnalisée".

Âgés pour la plupart de 14 à 17 ans, ils arrivent sans représentant légal sur le sol français depuis les quatre coins du monde, République démocratique du Congo (RDC), Algérie, Roumanie, Chine ou Afghanistan. Légalement, ils sont sous la responsabilité de l’Etat, comme le prévoit la Convention de la Haye, ratifiée par la France en 1972, mais dans les faits, ils sont souvent livrés à eux-mêmes, en raison notamment d’une législation "extrêmement complexe", souligne Guillaume Garson, de la Fondation Auteuil. "Pour les travailleurs sociaux, c’est du javanais".

Hervé Hamon, président du tribunal pour enfants de Paris, parle lui "d’institutions qui ne veulent pas voir ces enfants", du "bricolage juridique" auquel il doit se livrer pour protéger ces mineurs et de l’"hostilité" des pouvoirs judiciaires et politiques.

"On nous a accusés de faire un appel d’air pour les MIE et d’entraîner des augmentations des frais de la protection de l’enfance", ajoute-t-il, dénonçant au passage le "silence assourdissant du ministère de la Justice sur ces questions".

M. Hamon déplore notamment l’absence de réponse du parquet de Paris lorsque l’Aide sociale à l’Enfance (ASE) le saisit pour un MIE.

"Pourtant ces mineurs sont de plus en plus nombreux, notamment en raison d’une articulation entre les mafias et la mondialisation néolibérale", explique-t-il.

Les acteurs associatifs et institutionnels réunis sur ce projet militent pour la mise en place d’un "dispositif d’accueil intégré" qui dépendrait directement de l’Etat et non des conseils généraux.

"La population mérite qu’on lui dise les choses clairement, ces mineurs étrangers isolés ne sont pas des hordes qui menacent la France", martèle Alain Canonne, du ministère des Affaires étrangères, "mais des enfants vivant des difficultés extrêmes et ayant besoin de protection".



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